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DE LA SUEDE AUX ILES MARQUISE

29 Octobre 2017 , Rédigé par GPF Publié dans #Beaux-Arts

À Paris, trois expositions dans un rayon de trois-cents mètres. Au Petit Palais, « ANDERS ZORN » (1860-1920), grand peintre suédois, dont l’œuvre est ici présentée, rétrospective qui est l’occasion d’apprécier son grand talent.  Également, dans le même lieu, « pastels de Degas à Redon » permet de découvrir ce que peut donner de mieux un genre qui est loin d’être mineur ; citons entre autres Steinlein qui n’a pas représenté que des chats, les beaux portraits de Léandre, Guillaumin et Nozal dont les « Bords de Seine » témoignent d’une époque révolue depuis longtemps.

De l’autre côté de l’avenue, le Grand Palais affiche Gauguin et ce sera sans aucun doute l’exposition numéro un à Paris cet automne. L’évolution d’une vie artistique y est retracée. L’exposition s’attarde un peu trop sur la période bretonne quand, au sortir de la banque, Gauguin décide de bifurquer vers l’art ; son travail du bois se réfère à ce qu’il y a de pire dans les armoires armoricaines (je ne veux vexer personne, surtout pas les heureux propriétaires de tels meubles) ; ses céramiques collent trop à l’art de l’époque, c’est-à-dire sont boursouflées et extravagantes ; les tableaux sont d’aimables cartes postales. La Martinique où il séjournera ensuite ne parvient pas davantage à l’animer, l’artiste se cherche, colle à tel ou tel contemporain sans vraiment parvenir à exprimer son ressenti, ce qui ne l’empêche pas de revendiquer le titre de chef d’école.

La rencontre avec Van Gogh à Arles, puis le séjour à Tahiti et aux Marquises vont le faire monter de plusieurs degrés et, in fine, lui permettre d’atteindre l’universel, ce qui est l’apanage du grand créateur, tant l’adéquation est forte entre sa cosmo génie personnelle et la forme par laquelle elle s’exprime. Ses femmes tahitiennes nous renvoient aux Italiens du XVème siècle et aux mythologies chrétienne et inca, son univers paradisiaque est celui de toutes les religions. Sa vie sur place ne fut pas celle qu’il avait rêvée, missionnaires et commerciaux occidentaux étant passés par là. Lui reste une vie libre, résultant de l’ignorance de toute forme de propriété sur les êtres ou sur les biens, il s’y coule, laissant exploser sa palette.

La provenance des œuvres présentées (principalement Etats-Unis et Russie) justifie à elle seule la visite de l’exposition, tant il est peu probable qu’il soit donné l’occasion d’en profiter dans les vingt ou trente prochaines années.

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